Déploiement de la 5G : quelle prise en compte des avis scientifiques ?

04 Fév, 2020

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Déploiement de la 5G : quelle prise en compte des avis scientifiques ?

Après avoir autorisé l’expérimentation des technologies mobiles de 5ème génération (5G) dans la plupart des grandes villes françaises, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) vient de clore une procédure de consultation publique sur les modalités d’attribution des fréquences de la bande 3,4 -3,8 GHz. Dans ce contexte de déploiement annoncé, l’actualité nous conduit à explorer les connaissances scientifiques des impacts de ces technologies pour notre santé humaine et la manière dont elles sont prises en compte par les pouvoirs publics, les organismes de protection de la santé publique et les opérateurs.

Effets de la 5G : ce que la science sait

Comme nous l’avons déjà écrit à plusieurs reprises, les conséquences de l’exposition aux rayonnements non-ionisants, champs électromagnétiques et radiofréquences, sont désormais bien connus et documentés par la science indépendante. Ainsi, les nombreuses preuves établies par les scientifiques et publiées dans de prestigieuses revues démontrent que l’exposition aux radiations électromagnétiques (1) :

  • altère notre système nerveux dans son ensemble, dont notre système nerveux central avec un risque accru d’effets neurologiques et neuropsychiatriques ;
  • altère notre système endocrinien.

« Les conséquences des modifications apportées à ces deux systèmes de régulation [de nos organismes – ndlr] sont immenses et l’ignorer c’est travestir la réalité »(2).

La liste des effets des champs électromagnétiques énoncés par le Professeur Pall se complète des risques suivants :

  • produit un stress oxydatif et l’altération des radicaux libres, impliqués dans la plupart des maladies chroniques ;
  • altère l’ADN de nos cellules ce qui provoque cancers et mutations génétiques ;
  • produit des niveaux élevés de mort cellulaire programmée (apoptose) ce qui entraîne maladies dégénératives et infertilité ;
  • diminue la fertilité masculine et féminine, le nombre d’hormones sexuelles et accroît le risque de fausses couches ;
  • produit du calcium intracellulaire en excès ;
  • altère l’ensemble des cellules de nos organismes ;
  • provoque l’autisme des fœtus exposés in utéro.

Enfin, de nombreuses publications scientifiques montrent les effets cardiaques de l’exposition aux champs électromagnétiques et suggèrent que ceux-ci sont impliqués dans les démences, dont la maladie d’Alzheimer.

Chacun de ces effets sur la santé humaine est provoqué par les champs électromagnétiques micro-ondes/basses fréquences.

L’un de leurs effets est d’exciter les canaux calciques voltage-dépendants de notre organisme, ce qui provoque une entrée de calcium dans les cellules. Le calcium est l’un des élément nutritifs les plus finement régulés, du fait de son implication dans de nombreux processus biologiques comme la migration cellulaire, la mort cellulaire et la transmission du message nerveux. Ces processus sont donc tous affectés par les champs électromagnétiques.

Quelle prise en compte par les pouvoirs publics français ?
On ne peut pas faire ni plus clair ni plus synthétique : aucune.

En France les pouvoirs publics et les organismes de régulation ne tiennent absolument pas compte des connaissances scientifiques. Au contraire, ils poursuivent leurs actions de décrédibilisation conduites à leur encontre et entretiennent insidieusement la désinformation de l’opinion publique à grands coups de campagnes médiatiques insincères. Ils déclarent aussi dans une belle unanimité que les technologies mobiles de 5ème génération sont parfaitement sûres pour notre santé, s’appuyant sur des études scientifiques biaisées.

Parallèlement, la recherche indépendante s’inquiète des effets à la fois cumulatifs et irréversibles (3) d’une exposition massive et continue aux champs électromagnétiques pulsés et non pulsés. Car le danger supplémentaire des technologies 5G sur celles qui les ont précédées réside dans le fait qu’elles nécessitent l’utilisation d’ondes d’extrêmement hautes fréquences associées à une multitude d’antennes. En effet, pour tenir la promesse commerciale d’une couverture universelle et de débits ultra rapides, leurs ondes doivent pénétrer tous les matériaux et les tissus organiques, humains, animaux et végétaux.

C’est dans ce contexte qu’interviewé par le média canadien Qub Radio (4), le physicien et toxicologue Paul Héroux plaide pour la réduction de notre exposition aux radiations et pour l’utilisation de bonnes solutions d’ingénierie.

 Et chez nos voisins ?

L’exemple de la Belgique, membre de l’UE, est un cas d’école. Les normes applicables aux rayonnements y sont votées par chaque région. Ainsi, celles en vigueur dans la région Bruxelles-Capitale sont très protectrices (5) et ne permettent pas le déploiement de la 5G (6), ce dont on pourrait se féliciter. Hélas, oui et… non !

En effet, les opérateurs de téléphonie et les organismes de régulation belges (7) mais aussi français (8) – dont la mission rappelons-le serait de protéger le public des expositions excessives auxquelles il pourrait être exposé – déploient un intense lobbying pour contraindre la Région Bruxelles-Capitale à revoir le niveau de ses normes d’exposition aux rayonnements non-ionisants. Ainsi l’opérateur français Orange, cité le 24 juillet dernier par le média bruxellois La Capitale, a appelé « le nouveau gouvernement bruxellois à accélérer la révision des normes d’émission dans la capitale. Leur sévérité actuelle y empêche en effet le développement de tout site pour cette technologie [5G ndlr] ».

(1) «Les risques de la 5G : perspectives scientifiques », p.4 – Martin L.Pall, PHD – 5G Crisis
(2) 
(3) 
(4) https://www.journaldemontreal.com/2019/05/28/larrivee-du-5g-comporte-dimportants-risques-pour-la-sante-previent-un-expert
(5) 6 Volts par mètre cumulativement pour tous les opérateurs.
(6) Institut Belge des services postaux et des télécommunications (IBPT), étude du 12 septembre 2018.
(7) Ibid
(8) Colloque technique international sur la 5G et l’exposition du public aux ondes électromagnétiques- ANFR, avril 2019